La comédienne Huguette Dreikaus et le primatologue Nicolas Herrenschmidt
La comédienne Huguette Dreikaus et le primatologue Nicolas Herrenschmidt

Nicolas Herrenschmidt, c’est d’abord une interminable silhouette, pas loin du double mètre. Un regard doux, et puis une belle voix, grave et chaude. Le scientifique commande un demi de bière avant la séance, évoque sa formation de photographe, et sa passion pour l’étude des singes. L’illustre Huguette a pu se libérer une heure, entre l’enregistrement d’une chronique radio et une scène. La conversation roule sur le lycée Fustel de Coulanges. L’immense Nicolas y a usé ses fonds de culotte, et dans une autre vie, Huguette y enseignait la langue de Goethe. Ils ont parlé ensuite du Maroc et de la montagne des singes, de cyclisme artistique et de la claustrophobie. De la jalousie et des affections hépatiques. Ils ont parlé des méandres de la vie, de leur enfance, du gamin du Wacken et de la petite fille de Dauendorf.

La chanteuse Lisa Doby et la comédienne slameuse Laureline Kuntz
La chanteuse Lisa Doby et la comédienne slameuse Laureline Kuntz

Ce sont deux belles jeunes femmes, et deux belles vies. Lisa, la chanteuse soul, venue de sa Caroline du Sud natale pour poser ses valises dans une vallée alsacienne. Laureline, la comédienne, strasbourgeoise de souche, montée à Paris. L’une a chanté avec Ray Charles et Joe Cocker, et mène actuellement une jolie carrière solo. L’autre démarre très fort la sienne, remplit les théâtres parisiens avec son spectacle, toute auréolée de son titre de championne de France de slam, cet art popularisé par Grand Corps Malade. Les yeux sont brillants, elles s’amusent, jouent avec l’objectif, rient beaucoup. La séance est trop courte et l’échange continue dans les fauteuils du bar de l’hôtel. Lisa tente l’expérience du jus de betterave et carotte. Un cappuccino tout bête pour Laureline. Lisa, l’américaine du sud profond, nous gratifie de quelques mots en alsacien, Laureline réplique avec la gouaille d’un vrai titi de Paname, nous offrant quelques échantillons gratuits de son spectacle. Elles s’échangent leurs adresses mail, elles vont se revoir, forcément. Ici ou ailleurs. Le monde est tout petit.

L'archéologue Marc Grodwohl et la chanteuse lyrique Salomé Haller
L'archéologue Marc Grodwohl et la chanteuse lyrique Salomé Haller

Marc Grodwohl entretient une relation complexe avec l’Alsace, et il aime faire de nouvelles rencontres. Alors fatalement, notre projet a piqué sa curiosité. C’est avec chaleur et enthousiasme qu’il fait la connaissance de Salomé Haller. Et visiblement, le courant passe bien. La chanteuse lyrique et le « maçon archéologue » ont des sujets de conversation à la pelle. L’Ecomusée bien sûr, créé par Marc Grodwohl au début des années 70, projet qui a consisté à « déconstruire pour reconstruire », selon la jolie formule de son géniteur. Y a-t-il une vie après l’Ecomusée ? Assurément, avec ses chantiers dans la Drôme, en Iran, avec l’enseignement universitaire… Des projets, la chanteuse n’en manque pas non plus, entre enregistrements et représentations sur les scènes les plus prestigieuses du monde entier. Ils parlent ensemble de l’opéra et de la poterie, de la culture et du Beau. Ils parlent des statues et de l’Histoire, et de toutes les interprétations que l’on peut en faire.

Le musicien de jazz Marcel Loeffler et le viticulteur Jean-Christophe Bott
Le musicien de jazz Marcel Loeffler et le viticulteur Jean-Christophe Bott

Marcel Loeffler, c’est tout d’abord une infinie douceur, une discrétion troublante, la parole rare. Et puis c’est la musique, la musique tout le temps, depuis toujours. La musique qui n’est jamais très loin, qui se niche partout, jusque dans le bruit que produit le bip du flash. « Ca c’est un mi bémol », s’amuse l’accordéoniste.

Jean-Christophe Bott se présente, venu tout à droit de Beblenheim, avec femme et enfants. C’est un vigneron comme on aime se l’imaginer, volubile, passionné, intransigeant, inventif. Les deux têtes blondesjouent sur la moquette avec des petites voitures en plastique. Discussion feutrée, autour du travail de la terre, du jazz, de la chance qu’ils ont de pouvoir vivre de leur passion. Et la discussion qui continue après les prises de vue, dans les fauteuils du bar de l’hôtel. Une orange pressée pour Marcel, un café pour Jean-Christophe. Et puis le viticulteur qui va prendre des bouteilles dans le coffre de sa voiture, le musicien qui convie la petite famille à un concert. Et les enfants qui jouent toujours.

La championne Handisport Béatrice Hess et Jean-Paul Lauter le jardinier
La championne Handisport Béatrice Hess et Jean-Paul Lauter le jardinier

Etablir la liste exhaustive des médailles, records et autres distinctions en tout genre de Béatrice Hess prend un bon quart d’heure. Un maréchal russe n’est pas aussi décoré que la championne paralympique de natation. « Moi j’ai le mérite agricole » tranche Jean-Paul Lauter le jardinier. Le rire communicatif, les yeux brillants, la gouaille imparable, encore amusé par son léger retard à la séance. Le farceur s’était trompé d’établissement. La commande est passée : Une eau pétillante pour Béatrice Hess, un café pour Jean-Paul Lauter. Pendant la séance, ils ont parlé des jeux olympiques, de Laure Manaudou et des belles plantes, du sport et du show-biz, des jardins de l’Elysée et du zoo de Mulhouse. Des sourires, des bons mots et de francs éclats de rire. Ils ont continué la discussion au bar, un Martini blanc pour Béatrice Hess, un chocolat supplément crème pour Jean-Paul Lauter.

Le musicien spécialiste des instruments rares Thomas Bloch et le Chef cuisinier du "Chambard" à Kaysersberg Olivier Nasti
Le musicien spécialiste des instruments rares Thomas Bloch et le Chef cuisinier du "Chambard" à Kaysersberg Olivier Nasti

La rencontre de deux inventeurs, de deux explorateurs. L’un réinvente sans cesse la cuisine, l’autre brouille consciencieusement tous les codes de la musique. Thomas Bloch est un des rares spécialistes d’instruments comme les Ondes Martenot, le Cristal Baschet ou le Glassharmonica. Il joue partout dans le monde, seul ou avec de grands ensembles, au service de la musique classique ou contemporaine, du rock ou du jazz, au service de Messiaen ou de Radiohead. Olivier Nasti est un jeune chef qui monte, qui monte… Dans sa cuisine du Chambard à Kaysersberg, il ouvre en grand les fenêtres de la gastronomie alsacienne. Une salutaire bourrasque saluée par la critique et quelques récentes distinctions. Nos deux modèles prennent la pose avec amusement. Ils avalent un café, échangent de bons mots. Ils parlent beaucoup, de tout et de rien. Pas que de cuisine, pas que de musique. Ils vont beaucoup plus loin.

Pierre Chambon, Professeur au Collège de France en génétique moléculaire et la pâtissière-confiseuse-chocolatière Christine Ferber
Pierre Chambon, Professeur au Collège de France en génétique moléculaire et la pâtissière-confiseuse-chocolatière Christine Ferber

Celle qu’on appelle souvent « la fée des confitures », qui régale les palais les plus fins du monde entier, ne revendique spontanément qu’un titre de gloire, de prime abord beaucoup plus modeste : celui de meilleure pâtissière de son village. « Il n’y a qu’une seule pâtisserie à Niedermorschwihr ! » explique-t-elle dans un éclatant sourire. Avec le Professeur Chambon, ils parlent…de confitures bien sûr. « Après tout, c’est de la chimie », justifie le chercheur amusé. La pâtissière-chocolatière-confiseuse et le médecin-biochimiste-généticien ont visiblement beaucoup de choses à se raconter. Ils évoquent tous deux l’ambiance des boulangeries de l’enfance, cette odeur du pain qui hante les esprits, à la manière d’une madeleine proustienne.  Ils parlent avec gourmandise de la vie, des études, des voyages, de l’Alsace et des chocolats. Ils s’échangent leurs cartes de visite, la séance photo est terminée. On n’a pas vu le temps passer.

L'humoriste cabaretier Roger Siffer et le chanteur Cookie Dingler
L'humoriste cabaretier Roger Siffer et le chanteur Cookie Dingler

Ils convoquent le yin et le yang pour tenter d’expliquer leur complicité, tout en sirotant un verre. Un vieil Armagnac pour Cookie, un blanc sec pour Roger et sa formidable cravate. Des moments de silence et des saillies. De la pudeur entre deux colossales gauloiseries. Ils parlent de la Choucrouterie et de la vallée de Villé, du Var et de la Krutenau. Ils parlent de la garrigue provençale et des noires forêts vosgiennes. Ils parlent de leur rencontre en 1987, et de leur dernier voyage ensemble, en Inde, il y a quelques semaines. Ils se quittent en se saluant sobrement, comme deux amis, deux vrais amis, certains de se retrouver le soir même, le lendemain ou dans six mois.

Le Chef d'orchestre Marc Albrecht et le Professeur Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie en 1987, spécialiste de la chimie supramoléculaire
Le Chef d'orchestre Marc Albrecht et le Professeur Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie en 1987, spécialiste de la chimie supramoléculaire

Le Professeur Jean-Marie Lehn est un homme difficile à déloger de son laboratoire, et relativement impressionnant une fois que vous l’avez en face de vous. Les Prix Nobel ne courent pas les rues. L’œil perçant, le verbe rare et précis, son visage s’éclaire devant Marc Albrecht, Chef d’orchestre et actuel directeur du Philharmonique de Strasbourg. C’est que le chercheur est un amoureux de la musique. Alors tous deux s’installent devant l’objectif, prennent leurs repères, puis parlent musique.

L’Alsacien de Rosheim et l’Allemand de Hanovre mêlent avec aisance les langues de Molière et de Goethe. Discussion feutrée, entre deux gentlemen, qui aurait très bien pu se tenir dans les profonds fauteuils d’un club anglais. Discussion à peine troublée par les éclairs du flash. Jean-Marie Lehn et Marc Albrecht offrent deux beaux sourires au photographe. Nous avons la faiblesse de croire qu’ils ont passé un bon moment.

L'entraîneur de football Gilbert Gress et l'artiste humoriste Kansas of Elsass
L'entraîneur de football Gilbert Gress et l'artiste humoriste Kansas of Elsass

Kansas of Elsass, Christian Gyss pour les intimes, est arrivé un brin chiffonné, la faute à un mal de tête carabiné.  « Monsieur Schilles » s’est présenté frais et dispos, après une nuit passée à jouer à la belote. « Peut-on se tutoyer » ? Ose Kansas. Accordé. Ils ne cessent de parler, pendant près de deux heures. Ils parlent du Racing bien sûr, de l’unique escapade de Kansas au stade de la Meinau, entraîné par des amis, un soir de 1997. Les Alsaciens affrontaient l’Inter de Milan, et un certain Ronaldo avait tapé dans l’œil du K. Ils parlent de leur Alsace, le Cronenbourg de Christian Gyss et le Neudorf de Gilbert Gress. Ils parlent des cheveux longs, de l’autorité et de la rébellion, des costumes à franges, des belles voitures, mais aussi d’une fameuse « Peugeot 305 GT rabaissée ». Ils promettent de se revoir, de s’appeler, s’échangent leurs coordonnées. Un petit café pour Gilbert Gress, un verre d’eau pour Kansas. Le mal de tête reprend ce dernier, il a promis à sa compagne d’aller faire les soldes avec elle.

L'illustrateur, dessinateur, Tomi Ungerer et le peintre Raymond Waydelich
L'illustrateur, dessinateur, Tomi Ungerer et le peintre Raymond Waydelich

Un petit Porto pour l’un et un verre de vin blanc pour l’autre. Et puis une dernière cigarette partagée avant la séance. Les mégots sont jetés, faisant remonter le souvenir de mythiques semailles de pop-corn. Raymond Waydelich, la voix rocailleuse, le geste ample et chaleureux, qui profite de l’occasion pour offrir à son ami Tomi une de ses oeuvres récentes: « l’assiette de l’hôtel du Parc à Obernai ». Tomi qui chantonne « le parapluie » de Brassens, la voix couverte par le rire de son complice.  Tomi qui parle de son abonnement, durant sa période américaine, à la revue professionnelle des pompes funèbres. Et puis de sa collection d’ouvrages érotiques. Et puis Tomi qui transforme son anodine écharpe en keffieh palestinien, en chèche touareg ou en turban du Rajasthan. Merci pour le voyage. 

Le Professeur Jacques Marescaux, chirurgien, et le Chef cuisinier de « l’Auberge de l’Ill » à Illhaeusern, Marc Haeberlin
Le Professeur Jacques Marescaux, chirurgien, et le Chef cuisinier de « l’Auberge de l’Ill » à Illhaeusern, Marc Haeberlin

Quel duo ! Le chirurgien qui pose en compagnie du chef cuisinier. Rassurez-vous, nous vous épargnons les blagues de carabin. Si Jacques Marescaux et Marc Haeberlin sont réunis sur cette photographie, c’est à leur demande. Alors pourquoi refuser ce souhait ? Le médiatique téléchirurgien, patron de l’Ircad, et le Chef de l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern se côtoient et s’apprécient. Ces deux surdoués se portent une estime mutuelle et se voient quand ils le peuvent. Alors pendant la séance photo, bien calés devant l’objectif, ils en profitent. Les deux complices échangent des anecdotes, osent des histoires, évoquent des voyages. Ils sont drôles, font rire toute l’assistance, le photographe compris. Quel duo !

Les jumeaux Antoine et Matthieu Ghilès, patrons du bar strasbourgeois « Le Café des Anges »
Les jumeaux Antoine et Matthieu Ghilès, patrons du bar strasbourgeois « Le Café des Anges »

Antoine et Matthieu Ghilès sont sans aucun doute les deux frangins les plus connus de la nuit strasbourgeoise. Avant de reprendre il y a peu le légendaire Café des Anges à la Krutenau, les jumeaux avaient déjà officié dans une demi-douzaine de bars bien connus. Plus d’un fêtard a sûrement écarquillé ses yeux incrédules en voyant la première fois les jumeaux côte à côte, faisant le même geste à la tireuse à bière ou à la machine à café. C’est que les jumeaux sont souvent ensemble. Et quand ils ne sont pas ensemble, ils se téléphonent, en moyenne six fois par jour.

Ils ont accepté la séance photo avec modestie et bonne humeur, prennent la pose avec sérieux et concentration. Les caractères des deux jeunes hommes, on s’en rend compte assez rapidement, sont différents, « complémentaires », précisent-ils en chœur. C’est cette complicité, cette complémentarité, mais aussi et surtout leur travail acharné qui les fait avancer. Donner du plaisir aux clients de leur établissement, leur offrir de faire la fête chez eux, est un métier enthousiasmant, mais harassant. Constitutions fragiles s’abstenir. « Ca nous arrive de travailler dix-huit heures par jour » expliquent-ils. Dix huit heures chacun. 

La championne de handball Sophie Herbrecht et le chanteur M Pokora
La championne de handball Sophie Herbrecht et le chanteur M Pokora

Une tasse de thé pour la championne de handball, une des toutes meilleures joueuses du moment. Discrète, l’air sérieux, mais l’œil visiblement amusé par notre proposition de la faire poser avec la vedette du R&B. Ce dernier arrive souriant, disponible, la poignée de main franche. Sa collaboratrice nous accorde trente minutes pour la séance. Top chrono’. La conversation s’engage naturellement sur le sport et sur toute la palette de sentiments qu’il procure. Sophie Herbrecht s’avoue encore toute chamboulée après avoir porter la flamme olympique dans les rues de Paris, dans les conditions que l’on connaît. M Pokora, le fan de sport, de tous les sports, enchaîne sur le handball. Le petit Matthieu de Mundolsheim en a tâté au collège. Et puis le foot, qui enflamme la discussion : Sophie a un petit faible pour le Lyon de Juninho, quand MP vibre pour le Racing et pour l’OM. Ils discutent et ils rient, très à l’aise, très pros devant l’objectif. Top. Le taxi de M Pokora est annoncé, on éteint les projecteurs. Poignées de main, embrassades, encouragements pour leurs carrières, promesses de se revoir. Ils ont toute la vie devant eux.

L’économiste, acteur de l’humanitaire, héritier du château d’Andlau Guillaume d’Andlau, et l’architecte Claude Vasconi
L’économiste, acteur de l’humanitaire, héritier du château d’Andlau Guillaume d’Andlau, et l’architecte Claude Vasconi

L’époque veut que l’on colle des étiquettes. Il s’agit, en un mot, « sportif », « acteur » ou « chanteur » de ranger soigneusement chacun dans sa case. Cet exercice est particulièrement délicat avec Guillaume d’Andlau. Economiste, responsable du mécénat pour une grande banque, figure de l’action humanitaire, défenseur du patrimoine, héritier du château du même nom et descendant d’une des plus vieilles familles alsaciennes… Guillaume d’Andlau est un peu tout ça. Ajoutons que c’est aussi un personnage délicieux, comme nous avons pu le vérifier lors de la séance photo. Avec « l’architecte » Claude Vasconi (ce dernier nous pardonnera ce lâche raccourci), ils parlent de Vauban et des vieilles pierres, de l’exceptionnel patrimoine castral alsacien, de certaines réalisations de l’architecte, en Alsace et ailleurs. Claude Vasconi évoque le temps où, enfant, il faisait ses longues courses à travers les forêts vosgiennes, à la découverte des châteaux. Il parle de ses racines italiennes, de sa vocation, de ses mille projets. Qu’il est vain de vouloir coller des étiquettes à chacun.

 

La journaliste, animatrice culinaire Simone Morgenthaler et le jazzman Biréli Lagrène
La journaliste, animatrice culinaire Simone Morgenthaler et le jazzman Biréli Lagrène

Elle arrive au studio, souriante, rayonnante, avec un petit mot gentil pour chacun. Simone Morgenthaler est décidément fidèle à sa légende. Coiffée d’un panama « déniché dans la boutique d’un petit village du Lubéron», elle prend la pose avec une bonne humeur réellement communicative. Biréli Lagrène, le jazzman génial, n’est pourtant pas ce qu’on appelle un boute-en-train. Mais il rit, il rit franchement et largement quand Simone évoque leur première rencontre, il y a plus de trente ans. C’était à l’occasion d’une émission de radio, le petit Biréli de Soufflenheim, haut comme trois pommes, était alors arrivé au studio, précédé d’une sacrée réputation. Celle d’un pur génie de la guitare. On connaît la suite de sa carrière.

La séance photo se passe comme dans un souffle, ils parlent beaucoup, se remémorent encore quelques souvenirs communs, parlent de la bonne chère, tantôt en français, tantôt en alsacien, promettent de se retrouver pour manger ensemble. Merci pour ce délicieux moment. Chapeau bas les artistes.

La comédienne Huguette Dreikaus et le primatologue Nicolas Herrenschmidt
La chanteuse Lisa Doby et la comédienne slameuse Laureline Kuntz
L'archéologue Marc Grodwohl et la chanteuse lyrique Salomé Haller
Le musicien de jazz Marcel Loeffler et le viticulteur Jean-Christophe Bott
La championne Handisport Béatrice Hess et Jean-Paul Lauter le jardinier
Le musicien spécialiste des instruments rares Thomas Bloch et le Chef cuisinier du "Chambard" à Kaysersberg Olivier Nasti
Pierre Chambon, Professeur au Collège de France en génétique moléculaire et la pâtissière-confiseuse-chocolatière Christine Ferber
L'humoriste cabaretier Roger Siffer et le chanteur Cookie Dingler
Le Chef d'orchestre Marc Albrecht et le Professeur Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie en 1987, spécialiste de la chimie supramoléculaire
L'entraîneur de football Gilbert Gress et l'artiste humoriste Kansas of Elsass
L'illustrateur, dessinateur, Tomi Ungerer et le peintre Raymond Waydelich
Le Professeur Jacques Marescaux, chirurgien, et le Chef cuisinier de « l’Auberge de l’Ill » à Illhaeusern, Marc Haeberlin
Les jumeaux Antoine et Matthieu Ghilès, patrons du bar strasbourgeois « Le Café des Anges »
La championne de handball Sophie Herbrecht et le chanteur M Pokora
L’économiste, acteur de l’humanitaire, héritier du château d’Andlau Guillaume d’Andlau, et l’architecte Claude Vasconi
La journaliste, animatrice culinaire Simone Morgenthaler et le jazzman Biréli Lagrène
La comédienne Huguette Dreikaus et le primatologue Nicolas Herrenschmidt

Nicolas Herrenschmidt, c’est d’abord une interminable silhouette, pas loin du double mètre. Un regard doux, et puis une belle voix, grave et chaude. Le scientifique commande un demi de bière avant la séance, évoque sa formation de photographe, et sa passion pour l’étude des singes. L’illustre Huguette a pu se libérer une heure, entre l’enregistrement d’une chronique radio et une scène. La conversation roule sur le lycée Fustel de Coulanges. L’immense Nicolas y a usé ses fonds de culotte, et dans une autre vie, Huguette y enseignait la langue de Goethe. Ils ont parlé ensuite du Maroc et de la montagne des singes, de cyclisme artistique et de la claustrophobie. De la jalousie et des affections hépatiques. Ils ont parlé des méandres de la vie, de leur enfance, du gamin du Wacken et de la petite fille de Dauendorf.

La chanteuse Lisa Doby et la comédienne slameuse Laureline Kuntz

Ce sont deux belles jeunes femmes, et deux belles vies. Lisa, la chanteuse soul, venue de sa Caroline du Sud natale pour poser ses valises dans une vallée alsacienne. Laureline, la comédienne, strasbourgeoise de souche, montée à Paris. L’une a chanté avec Ray Charles et Joe Cocker, et mène actuellement une jolie carrière solo. L’autre démarre très fort la sienne, remplit les théâtres parisiens avec son spectacle, toute auréolée de son titre de championne de France de slam, cet art popularisé par Grand Corps Malade. Les yeux sont brillants, elles s’amusent, jouent avec l’objectif, rient beaucoup. La séance est trop courte et l’échange continue dans les fauteuils du bar de l’hôtel. Lisa tente l’expérience du jus de betterave et carotte. Un cappuccino tout bête pour Laureline. Lisa, l’américaine du sud profond, nous gratifie de quelques mots en alsacien, Laureline réplique avec la gouaille d’un vrai titi de Paname, nous offrant quelques échantillons gratuits de son spectacle. Elles s’échangent leurs adresses mail, elles vont se revoir, forcément. Ici ou ailleurs. Le monde est tout petit.

L'archéologue Marc Grodwohl et la chanteuse lyrique Salomé Haller

Marc Grodwohl entretient une relation complexe avec l’Alsace, et il aime faire de nouvelles rencontres. Alors fatalement, notre projet a piqué sa curiosité. C’est avec chaleur et enthousiasme qu’il fait la connaissance de Salomé Haller. Et visiblement, le courant passe bien. La chanteuse lyrique et le « maçon archéologue » ont des sujets de conversation à la pelle. L’Ecomusée bien sûr, créé par Marc Grodwohl au début des années 70, projet qui a consisté à « déconstruire pour reconstruire », selon la jolie formule de son géniteur. Y a-t-il une vie après l’Ecomusée ? Assurément, avec ses chantiers dans la Drôme, en Iran, avec l’enseignement universitaire… Des projets, la chanteuse n’en manque pas non plus, entre enregistrements et représentations sur les scènes les plus prestigieuses du monde entier. Ils parlent ensemble de l’opéra et de la poterie, de la culture et du Beau. Ils parlent des statues et de l’Histoire, et de toutes les interprétations que l’on peut en faire.

Le musicien de jazz Marcel Loeffler et le viticulteur Jean-Christophe Bott

Marcel Loeffler, c’est tout d’abord une infinie douceur, une discrétion troublante, la parole rare. Et puis c’est la musique, la musique tout le temps, depuis toujours. La musique qui n’est jamais très loin, qui se niche partout, jusque dans le bruit que produit le bip du flash. « Ca c’est un mi bémol », s’amuse l’accordéoniste.

Jean-Christophe Bott se présente, venu tout à droit de Beblenheim, avec femme et enfants. C’est un vigneron comme on aime se l’imaginer, volubile, passionné, intransigeant, inventif. Les deux têtes blondesjouent sur la moquette avec des petites voitures en plastique. Discussion feutrée, autour du travail de la terre, du jazz, de la chance qu’ils ont de pouvoir vivre de leur passion. Et la discussion qui continue après les prises de vue, dans les fauteuils du bar de l’hôtel. Une orange pressée pour Marcel, un café pour Jean-Christophe. Et puis le viticulteur qui va prendre des bouteilles dans le coffre de sa voiture, le musicien qui convie la petite famille à un concert. Et les enfants qui jouent toujours.

La championne Handisport Béatrice Hess et Jean-Paul Lauter le jardinier

Etablir la liste exhaustive des médailles, records et autres distinctions en tout genre de Béatrice Hess prend un bon quart d’heure. Un maréchal russe n’est pas aussi décoré que la championne paralympique de natation. « Moi j’ai le mérite agricole » tranche Jean-Paul Lauter le jardinier. Le rire communicatif, les yeux brillants, la gouaille imparable, encore amusé par son léger retard à la séance. Le farceur s’était trompé d’établissement. La commande est passée : Une eau pétillante pour Béatrice Hess, un café pour Jean-Paul Lauter. Pendant la séance, ils ont parlé des jeux olympiques, de Laure Manaudou et des belles plantes, du sport et du show-biz, des jardins de l’Elysée et du zoo de Mulhouse. Des sourires, des bons mots et de francs éclats de rire. Ils ont continué la discussion au bar, un Martini blanc pour Béatrice Hess, un chocolat supplément crème pour Jean-Paul Lauter.

Le musicien spécialiste des instruments rares Thomas Bloch et le Chef cuisinier du "Chambard" à Kaysersberg Olivier Nasti

La rencontre de deux inventeurs, de deux explorateurs. L’un réinvente sans cesse la cuisine, l’autre brouille consciencieusement tous les codes de la musique. Thomas Bloch est un des rares spécialistes d’instruments comme les Ondes Martenot, le Cristal Baschet ou le Glassharmonica. Il joue partout dans le monde, seul ou avec de grands ensembles, au service de la musique classique ou contemporaine, du rock ou du jazz, au service de Messiaen ou de Radiohead. Olivier Nasti est un jeune chef qui monte, qui monte… Dans sa cuisine du Chambard à Kaysersberg, il ouvre en grand les fenêtres de la gastronomie alsacienne. Une salutaire bourrasque saluée par la critique et quelques récentes distinctions. Nos deux modèles prennent la pose avec amusement. Ils avalent un café, échangent de bons mots. Ils parlent beaucoup, de tout et de rien. Pas que de cuisine, pas que de musique. Ils vont beaucoup plus loin.

Pierre Chambon, Professeur au Collège de France en génétique moléculaire et la pâtissière-confiseuse-chocolatière Christine Ferber

Celle qu’on appelle souvent « la fée des confitures », qui régale les palais les plus fins du monde entier, ne revendique spontanément qu’un titre de gloire, de prime abord beaucoup plus modeste : celui de meilleure pâtissière de son village. « Il n’y a qu’une seule pâtisserie à Niedermorschwihr ! » explique-t-elle dans un éclatant sourire. Avec le Professeur Chambon, ils parlent…de confitures bien sûr. « Après tout, c’est de la chimie », justifie le chercheur amusé. La pâtissière-chocolatière-confiseuse et le médecin-biochimiste-généticien ont visiblement beaucoup de choses à se raconter. Ils évoquent tous deux l’ambiance des boulangeries de l’enfance, cette odeur du pain qui hante les esprits, à la manière d’une madeleine proustienne.  Ils parlent avec gourmandise de la vie, des études, des voyages, de l’Alsace et des chocolats. Ils s’échangent leurs cartes de visite, la séance photo est terminée. On n’a pas vu le temps passer.

L'humoriste cabaretier Roger Siffer et le chanteur Cookie Dingler

Ils convoquent le yin et le yang pour tenter d’expliquer leur complicité, tout en sirotant un verre. Un vieil Armagnac pour Cookie, un blanc sec pour Roger et sa formidable cravate. Des moments de silence et des saillies. De la pudeur entre deux colossales gauloiseries. Ils parlent de la Choucrouterie et de la vallée de Villé, du Var et de la Krutenau. Ils parlent de la garrigue provençale et des noires forêts vosgiennes. Ils parlent de leur rencontre en 1987, et de leur dernier voyage ensemble, en Inde, il y a quelques semaines. Ils se quittent en se saluant sobrement, comme deux amis, deux vrais amis, certains de se retrouver le soir même, le lendemain ou dans six mois.

Le Chef d'orchestre Marc Albrecht et le Professeur Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie en 1987, spécialiste de la chimie supramoléculaire

Le Professeur Jean-Marie Lehn est un homme difficile à déloger de son laboratoire, et relativement impressionnant une fois que vous l’avez en face de vous. Les Prix Nobel ne courent pas les rues. L’œil perçant, le verbe rare et précis, son visage s’éclaire devant Marc Albrecht, Chef d’orchestre et actuel directeur du Philharmonique de Strasbourg. C’est que le chercheur est un amoureux de la musique. Alors tous deux s’installent devant l’objectif, prennent leurs repères, puis parlent musique.

L’Alsacien de Rosheim et l’Allemand de Hanovre mêlent avec aisance les langues de Molière et de Goethe. Discussion feutrée, entre deux gentlemen, qui aurait très bien pu se tenir dans les profonds fauteuils d’un club anglais. Discussion à peine troublée par les éclairs du flash. Jean-Marie Lehn et Marc Albrecht offrent deux beaux sourires au photographe. Nous avons la faiblesse de croire qu’ils ont passé un bon moment.

L'entraîneur de football Gilbert Gress et l'artiste humoriste Kansas of Elsass

Kansas of Elsass, Christian Gyss pour les intimes, est arrivé un brin chiffonné, la faute à un mal de tête carabiné.  « Monsieur Schilles » s’est présenté frais et dispos, après une nuit passée à jouer à la belote. « Peut-on se tutoyer » ? Ose Kansas. Accordé. Ils ne cessent de parler, pendant près de deux heures. Ils parlent du Racing bien sûr, de l’unique escapade de Kansas au stade de la Meinau, entraîné par des amis, un soir de 1997. Les Alsaciens affrontaient l’Inter de Milan, et un certain Ronaldo avait tapé dans l’œil du K. Ils parlent de leur Alsace, le Cronenbourg de Christian Gyss et le Neudorf de Gilbert Gress. Ils parlent des cheveux longs, de l’autorité et de la rébellion, des costumes à franges, des belles voitures, mais aussi d’une fameuse « Peugeot 305 GT rabaissée ». Ils promettent de se revoir, de s’appeler, s’échangent leurs coordonnées. Un petit café pour Gilbert Gress, un verre d’eau pour Kansas. Le mal de tête reprend ce dernier, il a promis à sa compagne d’aller faire les soldes avec elle.

L'illustrateur, dessinateur, Tomi Ungerer et le peintre Raymond Waydelich

Un petit Porto pour l’un et un verre de vin blanc pour l’autre. Et puis une dernière cigarette partagée avant la séance. Les mégots sont jetés, faisant remonter le souvenir de mythiques semailles de pop-corn. Raymond Waydelich, la voix rocailleuse, le geste ample et chaleureux, qui profite de l’occasion pour offrir à son ami Tomi une de ses oeuvres récentes: « l’assiette de l’hôtel du Parc à Obernai ». Tomi qui chantonne « le parapluie » de Brassens, la voix couverte par le rire de son complice.  Tomi qui parle de son abonnement, durant sa période américaine, à la revue professionnelle des pompes funèbres. Et puis de sa collection d’ouvrages érotiques. Et puis Tomi qui transforme son anodine écharpe en keffieh palestinien, en chèche touareg ou en turban du Rajasthan. Merci pour le voyage. 

Le Professeur Jacques Marescaux, chirurgien, et le Chef cuisinier de « l’Auberge de l’Ill » à Illhaeusern, Marc Haeberlin

Quel duo ! Le chirurgien qui pose en compagnie du chef cuisinier. Rassurez-vous, nous vous épargnons les blagues de carabin. Si Jacques Marescaux et Marc Haeberlin sont réunis sur cette photographie, c’est à leur demande. Alors pourquoi refuser ce souhait ? Le médiatique téléchirurgien, patron de l’Ircad, et le Chef de l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern se côtoient et s’apprécient. Ces deux surdoués se portent une estime mutuelle et se voient quand ils le peuvent. Alors pendant la séance photo, bien calés devant l’objectif, ils en profitent. Les deux complices échangent des anecdotes, osent des histoires, évoquent des voyages. Ils sont drôles, font rire toute l’assistance, le photographe compris. Quel duo !

Les jumeaux Antoine et Matthieu Ghilès, patrons du bar strasbourgeois « Le Café des Anges »

Antoine et Matthieu Ghilès sont sans aucun doute les deux frangins les plus connus de la nuit strasbourgeoise. Avant de reprendre il y a peu le légendaire Café des Anges à la Krutenau, les jumeaux avaient déjà officié dans une demi-douzaine de bars bien connus. Plus d’un fêtard a sûrement écarquillé ses yeux incrédules en voyant la première fois les jumeaux côte à côte, faisant le même geste à la tireuse à bière ou à la machine à café. C’est que les jumeaux sont souvent ensemble. Et quand ils ne sont pas ensemble, ils se téléphonent, en moyenne six fois par jour.

Ils ont accepté la séance photo avec modestie et bonne humeur, prennent la pose avec sérieux et concentration. Les caractères des deux jeunes hommes, on s’en rend compte assez rapidement, sont différents, « complémentaires », précisent-ils en chœur. C’est cette complicité, cette complémentarité, mais aussi et surtout leur travail acharné qui les fait avancer. Donner du plaisir aux clients de leur établissement, leur offrir de faire la fête chez eux, est un métier enthousiasmant, mais harassant. Constitutions fragiles s’abstenir. « Ca nous arrive de travailler dix-huit heures par jour » expliquent-ils. Dix huit heures chacun. 

La championne de handball Sophie Herbrecht et le chanteur M Pokora

Une tasse de thé pour la championne de handball, une des toutes meilleures joueuses du moment. Discrète, l’air sérieux, mais l’œil visiblement amusé par notre proposition de la faire poser avec la vedette du R&B. Ce dernier arrive souriant, disponible, la poignée de main franche. Sa collaboratrice nous accorde trente minutes pour la séance. Top chrono’. La conversation s’engage naturellement sur le sport et sur toute la palette de sentiments qu’il procure. Sophie Herbrecht s’avoue encore toute chamboulée après avoir porter la flamme olympique dans les rues de Paris, dans les conditions que l’on connaît. M Pokora, le fan de sport, de tous les sports, enchaîne sur le handball. Le petit Matthieu de Mundolsheim en a tâté au collège. Et puis le foot, qui enflamme la discussion : Sophie a un petit faible pour le Lyon de Juninho, quand MP vibre pour le Racing et pour l’OM. Ils discutent et ils rient, très à l’aise, très pros devant l’objectif. Top. Le taxi de M Pokora est annoncé, on éteint les projecteurs. Poignées de main, embrassades, encouragements pour leurs carrières, promesses de se revoir. Ils ont toute la vie devant eux.

L’économiste, acteur de l’humanitaire, héritier du château d’Andlau Guillaume d’Andlau, et l’architecte Claude Vasconi

L’époque veut que l’on colle des étiquettes. Il s’agit, en un mot, « sportif », « acteur » ou « chanteur » de ranger soigneusement chacun dans sa case. Cet exercice est particulièrement délicat avec Guillaume d’Andlau. Economiste, responsable du mécénat pour une grande banque, figure de l’action humanitaire, défenseur du patrimoine, héritier du château du même nom et descendant d’une des plus vieilles familles alsaciennes… Guillaume d’Andlau est un peu tout ça. Ajoutons que c’est aussi un personnage délicieux, comme nous avons pu le vérifier lors de la séance photo. Avec « l’architecte » Claude Vasconi (ce dernier nous pardonnera ce lâche raccourci), ils parlent de Vauban et des vieilles pierres, de l’exceptionnel patrimoine castral alsacien, de certaines réalisations de l’architecte, en Alsace et ailleurs. Claude Vasconi évoque le temps où, enfant, il faisait ses longues courses à travers les forêts vosgiennes, à la découverte des châteaux. Il parle de ses racines italiennes, de sa vocation, de ses mille projets. Qu’il est vain de vouloir coller des étiquettes à chacun.

 

La journaliste, animatrice culinaire Simone Morgenthaler et le jazzman Biréli Lagrène

Elle arrive au studio, souriante, rayonnante, avec un petit mot gentil pour chacun. Simone Morgenthaler est décidément fidèle à sa légende. Coiffée d’un panama « déniché dans la boutique d’un petit village du Lubéron», elle prend la pose avec une bonne humeur réellement communicative. Biréli Lagrène, le jazzman génial, n’est pourtant pas ce qu’on appelle un boute-en-train. Mais il rit, il rit franchement et largement quand Simone évoque leur première rencontre, il y a plus de trente ans. C’était à l’occasion d’une émission de radio, le petit Biréli de Soufflenheim, haut comme trois pommes, était alors arrivé au studio, précédé d’une sacrée réputation. Celle d’un pur génie de la guitare. On connaît la suite de sa carrière.

La séance photo se passe comme dans un souffle, ils parlent beaucoup, se remémorent encore quelques souvenirs communs, parlent de la bonne chère, tantôt en français, tantôt en alsacien, promettent de se retrouver pour manger ensemble. Merci pour ce délicieux moment. Chapeau bas les artistes.

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